Precis Historique et Chronologique de la Litterature Francaise 1899 r. - Alfred Bougeault
Louis Alfred Bougeault, né le 4 juillet 1817 à Roissy et mort le 16 mai 1893 dans le 16e arrondissement de Paris1, est un historien français.
À l'instar d'autres historiens du xix siècle qui, comme Henri Martin, sont les premiers à brosser de grandes fresques des origines à nos jours, il est l'inventeur de l'Histoire de la littérature en 1876. L'originalité de sa démarche est de mettre en corrélation l'avancement historique et l'évolution des idées et des formes littéraires. Cet ouvrage est l'œuvre de référence par excellence de ce professeur, littérateur et historien singulier et méconnu, dont le concept a été si souvent repris. Il a maintes fois été réédité et est toujours disponible dans les bibliothèques municipales et universitaires de France et sur tous les continents où il sert encore aujourd'hui de référence à de nombreux chercheurs pour leurs investigations dans les humanités françaises.
On trouve quelquefois des références entrecroisées à Bougeault et à Demogeot. La confusion entre les deux auteurs s'explique par la similitude et la simultanéité de leur parcours : L'histoire de la littérature française de Jacques Demogeot paraît en 1852, Le précis de littérature française de Bougeault en 1854, L'histoire des littératures étrangères de Bougeault paraît en 1876, celle de Demogeot en 1880…
La polémique sur la mort de Jean-Jacques Rousseau est une affaire très médiatique qu’Alfred Bougeault a menée comme telle dès l’origine, à quelques jours de l'édification d'un monument au grand écrivain. Insatisfait du bilan de sa présidence à la Société des études historiques, il sort de ses cartons cette étude lors de la séance du 10 janvier 1883, après avoir invité son successeur à prendre son fauteuil de président. Il plaide la démence de Jean Jacques Rousseau et son suicide. Il s’appuie pour le démontrer sur ce que M. Corancez, ami de Rousseau, d’après les informations du sculpteur Houdon lui-même, dit avoir vu le cadavre et avoir remarqué qu’il y avait un trou au front. Rousseau se serait donc tué d’un coup de pistolet, après s’être empoisonné.