Le Socialisme Chretien 1879 r. - Charles Perin
Charles Henri Xavier Périn est un avocat et économiste belge, né à Mons le 29 août 1815 et mort le 4 avril 1905 dans son domaine familial à Ghlin près de Mons.
Charles Périn descend d’un officier français, Jean Périn de la Taille, établi à Marche à l’époque de Louis XIV. Son fils, qui y fut échevin, eut plusieurs enfants dont l’un fut conseiller aulique en Autriche et reçut le titre de baron de Gradenstein. L’autre, dont descend Charles Périn, receveur général impérial à Mons, partit en Allemagne à l’arrivée des armées républicaines françaises. La tradition familiale trouva dans l’émigration une forte influence anti-révolutionnaire ainsi qu’une solide foi religieuse, bien reflétées dans la sévère devise des Périn : Ex recto decus, « L'honneur par la droiture ».
Après de brillantes humanités à Mons, il poursuivit ses études à la faculté de Droit à l’université catholique de Louvain jusqu’à l’obtention du diplôme de docteur en droit.
L’enseignement de haut niveau de cette université était exercé par des maîtres réputés. Celui qui exerça la plus grande influence sur l’étudiant Charles Périn fut le comte Charles de Coux appelé de France en 1834 pour occuper d'abord à l'université catholique de Malines puis le premier à l'université catholique de Louvain nouvellement fondée, la chaire d’économie politique. Entre eux se nouèrent des relations amicales durables.
Charles Périn exerça peu de temps la profession d’avocat au barreau de Bruxelles. Rapidement, il fut rappelé à Louvain pour enseigner le droit public, le droit des gens puis l’économie politique. À la chaire de cette dernière, il succéda au comte Charles de Coux retourné à Paris prendre la direction de L'Univers.
Parmi la longue liste de ses œuvres, après de nombreux travaux fragmentaires, son ouvrage majeur publié en 1861, De la richesse dans les sociétés chrétiennes, lui assura une réputation internationale, après les traductions faites par l’abbé Muzzarelli, ancien précepteur du pape Grégoire XVI, en allemand, italien, espagnol et hongrois. Le Québec, où il fut très réputé, n’eut évidemment pas besoin de traduction.
Sa doctrine fut constante toute sa vie, comme son enseignement qui ne dissociait jamais le moral, le social, l’économie et le politique. Il se situait entre le libéralisme « jouisseur » (on dirait sans doute aujourd’hui « consumériste ») et le socialisme matérialiste de Lassalle et de Marx. Il eut une place éminente dans ce courant qu’on a nommé catholicisme social.